Date de publication : jeudi, Nov 24

INTERVIEW ACCORDEE PAR ROSELINE ABE, PRESIDENT DE L’APSGI DE L’UEMOA

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Retrouvez dans le 8ème numéro de LA TENDANCE, une interview accordée par la Directrice Générale d’Ecobank Investment Corporation pour la région UEMOA qui analyse le dynamisme des titres publics émis par la Côte d’Ivoire et les perspectives à court terme du marché secondaire.

Quels rôles jouent les SGI dans l’animation du Marché des Titres Publics de l’UMOA, particulièrement le marché secondaire ?

Une fois émis sur le marché primaire, les titres publics sont par la suite soumis à la cotation en continu sur le marché secondaire. Sur ce marché, les SGI jouent un rôle fondamental voire incontournable car à ce jour, elles sont habilitées à titre exclusif à exercer l’activité de négociateur.

Ainsi, pendant la durée de vie de ces titres, la SGI est responsable de leur animation en agissant principalement sur deux leviers : le volume (mesure de la liquidité) et le prix (indicateur de la valeur). En d’autres termes, la SGI facilite la liquidité des titres et l’équilibre des prix sur le marché secondaire par son rôle de conseil auprès des investisseurs et une exécution optimale des ordres d’achat et de vente.

En effet, du fait de son expertise et de sa capacité à analyser les facteurs d’ordres macro-économiques et de marché, la SGI assure la compétitivité, l’homogénéité et le caractère non arbitraire des prix.

La Côte d’Ivoire est connue pour être l’un des émetteurs sinon l’émetteur le plus dynamique sur le Marché des Titres Publics de l’UMOA qu’elle sollicite souvent. Peut-on en dire autant sur le marché secondaire ?

A juste titre et comme vous l’avez indiqué, la Côte d’Ivoire demeure l’émetteur le plus dynamique sur le Marché primaire des Titres Publics de l’UMOA. Sur la période 2017-2022, les fonds mobilisés par la Côte d’Ivoire ont représenté un peu plus de 60% du montant total des émissions obligataires. Le constat est également le même sur le marché secondaire, qui reste largement animé par les titres de la Côte d’Ivoire. En effet, sur les deux dernières années, les transactions sur les titres TPCI représentent plus de 80% de la valeur totale transigée sur le marché obligataire. Cet état de fait est une conséquence du dynamisme de la Côte d’Ivoire sur le marché primaire mais traduit également la confiance des investisseurs et la qualité de la notation de la Côte d’Ivoire qui est indiquée stable selon les agences de notations Fitch, S&P et Moody’s.

Comment analysez-vous l’évolution et les perspectives du Marché secondaire des Titres Publics de l’UMOA ?

Au cours des quatre dernières années, la valeur totale transigée sur le marché obligataire a fortement progressé passant de 33 milliards de FCFA à 409 milliards de FCFA de valeurs transigées entre 2017 et 2021. Au premier semestre 2022, la tendance entamée s’est poursuivie avec une valeur totale transigée de 126 milliards de FCFA contre 108 milliards de FCFA au premier semestre 2021.

Sur les mois à venir, et en ce qui concerne le marché secondaire des titres souverains, nous anticipons une hausse des rendements et une stagnation de la liquidité en lien avec le durcissement des conditions de marché. En effet, dans un contexte de marché sous pressions inflationnistes et marqué par la détérioration des perspectives économiques combinée aux risques politiques et sécuritaires grandissants dans la zone, nous entrevoyons un resserrement de la politique monétaire de la BCEAO.

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